Le déconfinement va faire un bond en avant dès le 14 juin. Ainsi en a décidé le gouvernement, qui a toute légitimité pour prendre les décisions qu'ils jugent adéquates. Les bars et restaurants pourront accueillir des clients jusqu'à minuit. Les commerces n'auront plus d'horaires imposés. Le télétravail ne sera plus obligatoire et les transports publics pourront fonctionner à plein de leur capacité.
Un quasi retour à la normale
Le principe du déconfinement différencié se maintient, selon que les régions enregistrent 120 cas de coronavirus pour 100.000 habitants ou le double, 240. Une distinction fait son apparition, pour les zones à forte densité humaine, et pour lesquelles la jauge sera à 480 cas pour 100.000 habitants.
Qualifié de plus juste sur le papier, le système a pour défaut de compliquer encore un peu plus la compréhension du système - et écarte pour l'instant Lisbonne de la menace de devoir reculer dans le déconfinement, en raison de la jauge quasi atteinte de l'ancienne mesure. Certains dénoncent d'ailleurs un jeu opaque qui joue en la faveur de la capitale, responsable de la majorité des cas actuellement enregistré. Alors que le Premier Ministre se félicite des bons résultats de l'analyse épidémiologique et de l'avancée du programme de vaccination, les cas augmentent. On en a recensé 769 jeudi 3 juin, soit le double d'il y a dix jours.
Le système de calcul de risque en question
Mais Antonio Costa, le Premier Ministre a renouvelé sa confiance dans la solidité du service national de santé. Il ne voit pas de raison à changer en profondeur le système de calcul de risque concernant le coronavirus. Ce qui l'oppose au Président de la République, qui lui préconisait un changement de paradigme dans l'élaboration de la matrice sanitaire. Marcelo Rebelo de Sousa veut relancer l'économie et un retour à la normale.
Politiquement, la situation n'est pas facile pour Antonio Costa, alors que le mois de juin et ses trois fériés, dont deux donnent lieu à des ponts, n'est guère propice à un tour de vis. De plus, le chef du gouvernement a dû gérer une situation compliquée, celle provoquée par la déferlante des supporters des clubs britanniques de foot de Manchester et Chelsea, venus assister à la finale européenne à Porto.
Coup dur pour le tourisme
Les autorités leur ont laissé le champ libre au mépris des règles sanitaires que les Portugais respectent depuis des mois. La trop grande bienveillance envers les Britanniques est mal récompensée. En effet, Boris Johnson vient de retirer le pays de la liste verte pour voyager et l'a placé en orange. A partir du 8 juin, à leur retour chez eux, les Britanniques devront observer dix jours de quarantaine. C'est l'incompréhension au Portugal. La situation est stable, et ce coup dur pour le tourisme met en cause la relance économique.
Une fois de plus, le Portugal mesure à quel point il est dépendant des touristes, notamment en Algarve et a sur l'Île de Madère, dont les Britanniques raffolent.