Ils ont voté en majorité contre le Brexit en 2016 et depuis les Écossais se sentent abandonnés par Westminster. Après son élection, Boris Johnson a voulu rassurer les membres de l'Union du Royaume-Uni en faisant un tour du pays. Irlande du Nord, Pays de Galle et bien sûr Écosse, où l'accueil n'a pas été franchement chaleureux. Les Écossais avaient pourtant déjà eu l'occasion de voter pour leur indépendance en 2014, le non l'ayant emporté à plus de 55 pourcent. Mais selon Ben Macpherson, ministre de l'Europe écossais, le contexte a changé.
"Pour les élections de 2016, notre parti avait un message clair dans son manifeste: s'il y avait un changement de circonstances, alors nous serions en faveur d'un nouveau référendum sur l'indépendance. Ensuite en mars 2017, le parlement écossais à voté pour la tenue d'un nouveau référendum. Donc l'Écosse est en phase de transition et l'Union Européenne en fait partie."
Écosse: Une majorité pour l'indépendance
Un désir d'indépendance qui vient d'un sentiment que le Royaume n'est pas si uni que ça.
"Le problème qu'il y a toujours eu dans l'Histoire récente du Royaume-Uni, c'est qu'il ne s'agit pas d'une Union égalitaire, c'est une union qui a un gros manque de démocratie. "
Un sondage récent révèle que 46 pourcent des Écossais sont favorables à l'indépendance pour 43 pourcent contre. Le Scottish National Party dont fait partie le ministre de l'Europe, a la majorité au parlement et milite pour cette indépendance ainsi qu'une annulation du Brexit. Mais être indépendant ne voudrait pas forcément dire être coupé du reste du Royaume-Uni.
"La Grande-Bretagne c'est une somme de partenariats et de relations et je pense que ça resterait même si nous étions indépendants. On peut toujours se sentir britannique et croire en l'indépendance."
"Proposer d'autres points de vue"
Pour tenter d'élargir le débat, une assemblée citoyenne totalement indépendante réunissant un panel de 120 personnes va être créée pour la toute première fois. La première réunion aura lieu en octobre et cinq autres seront à suivre. Selon David Martin, l'un des deux responsables de cette assemblée, le but est d'informer le plus de monde possible sur les défis qui attendent l'Écosse. L'objectif n'est pas de savoir si oui ou non il doit y avoir une indépendance, mais plutôt de proposer d'autres points de vue.
"Il y a une ligne qui divise pour ou contre l'indépendance et pas grand-chose entre les deux et de plus en plus de gens en ont assez du processus politique à cause de ça, car ils ne se sentent pas partisan de l'une ou l'autre idée, ils recherchent quelque chose de différent et j'espère que l'assemblée pourra apporter ça."
Un Brexit dur rend l'indépendance plus désirable mais aussi plus compliqué
L'Écosse a des ressources naturelles notamment en gaz et pétrole, le tourisme est abondant et représente sept pourcent des emplois et le pays possède un quart des ressources éoliennes en mer européenne. Les partisans de l'indépendance sont donc persuadés que l'Écosse a de quoi subvenir à ses besoins. Un point de vue remis en question par David Martin.
"Qu'on le veuille ou non, le plus gros marché de l'Écosse c'est le reste du Royaume-Uni, il faudrait de la libre circulation entre l'Écosse et le reste du pays, donc c'est presque une contradiction. Un Brexit dur rend l'indépendance plus désirable mais la rend aussi plus compliquée. "
Boris Johnson a jusqu'au 31 octobre pour trouver une solution au Brexit et éviter un No deal. Si une sortie sans accord devait avoir lieu, ce n'est pas seulement le futur du Royaume-Uni qui pourrait être fragilisé mais aussi son identité même.