arrow_back_ios

100komma7.lu

100komma7.lu

/ La lutte contre les oligarques corrompus

Ukraine

|
reading time

3 min

La lutte contre les oligarques corrompus

Le président ukrainien, l'ancien acteur comique Volodymyr Zelensky, dit vouloir redoubler de sérieux dans sa lutte contre les oligarques corrompus qui dominent l'économie et la politique. L'espoir, cette fois-ci, c'est l'administration américaine de Joe Biden.

reading time

3 min

Dans une video publiée le 13 mars, le président ukrainien Volodymyr Zelensky cite des noms bien connus de ses compatriotes: ceux des plus grands oligarques du pays. Son message: vos magouilles et vos manipulations des médias et du parlement "zakinchuetsya" - c'est fini.

Un signal fort

Sa promesse, c'est de mettre fin à tout un système qui fait tourner l'Ukraine depuis les années 90: une poignée d'hommes d'affaires ultra-riches, avec pour la plupart des liens étroits avec la Russie, contrôle les principales industries et les médias du pays. Chacun a ses pions au parlement: des députés qui bloquent ou sabotent les réformes anti-corruption les unes après les autres, au grand dam des Ukrainiens, qui ont déjà fait deux révolutions, en 2004 et 2013, pour tenter d'en finir avec cette situation.

Des promesses donc, et un haussement de ton, mais les Ukrainiens ont déjà entendu ce genre d'annonce. Pourtant, cette fois, il y a aussi eu des actes: notamment le 2 février, trois chaînes de télévision contrôlées par l'un de ces oligarques, Viktor Medvedchuk, ont été fermées sur le champs.

Un signal fort pour la société civile ukrainienne, car Medvedchuk n'est autre que le parrain de la fille de Vladimir Poutine, et dirige le plus grand parti pro-russe en Ukraine. Ses chaînes de télévision niaient notamment l'implication de la Russie dans la guerre à l'Est de l'Ukraine, l'un des principaux sujets de douleur pour les Ukrainiens.

Encouragement dès Washington

Loin de crier à la censure, les Etats-Unis ont rapidement salué cette mesure - et pour les ONG anti-corruption ukrainiennes qui peinent à convaincre leurs partenaires occidentaux de la nécessité de mesures brutales, c'est tant mieux. Certains estiment même que c'est Washington qui aurait encouragé cette décision, comme le politologue Serhiy Fursa, qui a parlé du "premier miracle de St Biden".

Il entrevoit la possibilité d'un deuxième miracle dans la décision des Etats-Unis, début mars, d'interdire d'entrée un autre oligarque ukrainien, Ihor Kolomoyski, accusé d'une fraude bancaire à hauteur cinq milliards de dollars et de corruption aggravée concernant ses investissements à Cleveland, dans l'Ohio.

Le président ukrainien a à son tour salué l'action de Washington, alors même que Kolomoyski était l'un de ses principaux soutiens de campagne en 2019. Signe que, peut-être, Zelensky s'estime enfin assez fort pour lâcher son ancien protecteur. Craignant une arrestation, ce dernier, qui jusqu'à récemment partageait son temps entre Tel Aviv, Genève, Kiev et ledit Cleveland, est pour l'heure retranché dans son fief de Dnipro, dans le centre de l'Ukraine. Mais dans un système judiciaire qui échappe encore aux réformes anti-corruption, Kolomoyski a toutes ses chances de rester libre. Même s'il figure désormais sur la "stop list" de Zelensky. Ce qui est, en soi, déjà tout un symbole.