Chronique En Grande-Bretagne le gouvernement a promis des changements
Le 3 mars dernier, Sarah Everard une femme de 33 ans est enlevée et assassinée, alors qu'elle rentre chez elle le soir à Londres. Son corps est retrouvé dans un sac plastique et un policier est arrêté et mis en examen pour son meurtre. Ce fait divers a déclenché en Grande Bretagne plusieurs manifestations contre les violences que subissent les femmes et une vague d'indignation sur les réseaux sociaux comparable à #MeToo. Face à cette levée de boucliers, le gouvernement a promis des changements.
Suite à l'affaire Sarah Everard, le gouvernement a cédé à une demande de longue date d'associations militantes la semaine dernière. À partir de cet automne, la misogynie sera considéré comme un crime de haine par la police en Angleterre.
Concrètement cela veut dire que toute acte de violence, agressions, ou harcèlement envers les femmes, sera enregistré comme crime de haine et traité en fonction. Jusqu'à présent en Angleterre, un crime de haine était défini comme un délit ou un crime contre une personne motivé par sa race, sa religion, son orientation sexuelle, le fait qu'il ou elle soit handicapée ou transgenre.
La misogynie comme un crime de haine
Désormais un crime dirigé contre une femme parce qu'elle est une femme rentre aussi dans cette catégorie. Si l'auteur est condamné cela implique également une peine plus lourde. Le gouvernement n'était pas prêt à agir sur cette question mais l'affaire Sarah Everard a changé la donne.
Jusqu'à présent 11 forces de police en Angleterre traitaient déjà la misogynie comme un crime de haine - à partir de l'automne ce sera donc étendu au niveau national. C'est une victoire pour les associations de femmes qui réclamaient cette mesure depuis plusieurs années.
Cette politique a été mis en place pour la première fois dans le Nottinghamshire en 2016. Une étude dans cette région a démontré que les femmes se sentent plus en sécurité dans la rue, qu'elles ont plus tendance à dénoncer le harcèlement dont elles sont victimes, et qu'il y a une meilleure confiance dans la police.
Mieux appréhender le phénomène du harcèlement
Selon des chiffres des nations unies, on estime que seulement 5 pourcent de femmes portent plainte pour du harcèlement de rue. Les défenseurs du traitement de la misogynie comme crime de haine pensent donc que si le nombre de plaintes augmente, la police pourra mieux appréhender le phénomène du harcèlement.
Cela pourrait également permettre une meilleure prévention d'autres types de violences contre les femmes. Au Royaume-Uni, suite à l'affaire Sarah Everard, d'anciennes recrues de la police ont évoqué un problème de sexisme au sein de l'institution - alors pour une partie de la classe politique il faut aller plus loin et mieux former au sein même de la police.
De nombreuses femmes réclament aussi une meilleure sensibilisation du public et une meilleure éducation dès l'école autour du consentement.