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/ Ce n'est qu'un début

Grande-Bretagne

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Ce n'est qu'un début

Nouveau gouvernement, nouveau discours de la Reine, nouveau vote sur le Brexit, en une semaine le Royaume-Uni a vu son actualité bien chargée. Mais ce n'est qu'un début selon notre correspondante à Londres Elodie Goulesque.

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C'est une tradition mais elle a rarement lieu deux fois en trois mois. Le discours de la Reine ouvre officiellement la nouvelle session parlementaire. Mais jeudi matin, la reine, sûrement pressée de se rendre à sa résidence de Sandrigham pour les fêtes de fin d'année, a voulu expédier ce discours. Pas de carrosse mais une voiture, pas de couronne sur la tête ou de cape d'hermine, une simple robe turquoise et son traditionnel chapeau assorti. Dans les tribunes de la chambre des Lords, un Boris Johnson a l'air plus que satisfait. La Reine est en train de lire l'agenda de SON nouveau gouvernement. Au programme, concrétiser le Brexit au 31 janvier, inscrire dans la loi un financement régulier pour le système de santé NHS si cher aux Britanniques. Des peines plus longues pour les condamnés accusés de terrorisme ou encore une augmentation du salaire minimum. Avec une majorité de 80 députés, le Premier Ministre fraîchement élu jubile. Et pour cause, il a maintenant toutes les cartes en main.

Alors que le Parlement ne siège d'habitude pas le vendredi, une exception sera faite aujourd'hui. L'enjeu? Faire enfin voter le deal sur le Brexit renégocié par Boris Johson en octobre. Des modifications ont été faites depuis, notamment l'interdiction inscrite dans la loi de prolonger la période de transition après le 31 décembre 2020. Une décision qui est loin de ravir l'Union Européenne pour qui il est impensable de faire des accords notamment commerciaux avec le Royaume-Uni en seulement 11 mois.

Mais peu importe pour Boris Johnon qui se pense dorénavant tout puissant. A nouveau mandat, nouveau vocabulaire. L'ancien maire de Londres parle désormais de "gouvernment du peuple", des "priorités du peuple" et de "l'âge d'or" du Royaume-Uni. Un champ lexical qui rendrait presque jaloux le parti communiste chinois. Pourtant le gouvernement est bien bleu et conservateur. Mais Boris Johnson veut justement en changer l'image. Adieu le cliché pourtant réaliste des conservateurs venus d'école privées et ayant tous été aux mêmes grandes universités. Le "one nation government", le gouvernement d'une nation unique, est désormais du côté du peuple. Du moins dans le discours officiel.

Après la pause de fin d'année les choses sérieuses commenceront. Validation de l'accord sur le Brexit, sortie de l'UE au 31 janvier, nouveau remaniement gouvernementale où toutes les têtes peuvent tomber. Et c'est à partir de là que Boris Johnson devra réellement faire ses preuves. Dire "Get Brexit done" est une chose. Réussir à le concrétiser en est une autre.