Reesliteratur "Am Nepal hunn ech nach richteg Biergleit fonnt"

Nom internationale Succès vu sengem Roman "Le otto montagne" (Les Huit Montagnes), verëffentlecht de Paolo Cognetti e kuerze Bericht vu senger rezenter Rees am Himalaya: "Sans jamais atteindre le sommet" (Stock). Net op de Bierg, mee ronderëm, sou wéi déi nepalesesch Pilger. Mir haten am Juni um Festival Étonnants voyageurs zu Saint-Malo mam Paolo Cognetti geschwat.

Michel Delage

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De Paolo Cognetti op der Plage vu Saint-Malo

Interview Paolo Cognetti

Michel Delage: Là, on est à Saint-Malo, face à la mer. Mais votre environnement de prédilection à vous, c'est la montagne. Après le succès de votre roman "Les Huit Montagnes" (Le otto montagne), vous publiez le court récit d'une aventure que vous avez vécue au Népal.

Paolo Cognetti: Oui, j'aime aussi beaucoup écrire sur les voyages. C'est un peu le contraire de l'écriture d'un roman: je sens qu'écrire un roman, c'est comme regarder à l'intérieur et construire une maison, une chambre plein de miroirs. Tandis qu'un voyage, c'est une ouverture sur le monde, c'est recommencer à regarder les autres et apprendre quelque chose de nouveau.

Dans votre nouveau récit, "Sans jamais atteindre le sommet" (Senza mai arrivare in cima), on retrouve un personnage similiaire à un des principaux protagonistes du roman "Les Huit Montagnes". Remigio, qui a plus ou moins votre âge, vous a accompagné dans ce voyage. Lui est un vrai montagnard ...

Oui, Remigio est un ami un peu plus âgé que moi. Il est né dans ce village dans les Alpes italiennes, Estoul, où je vis à 2.000 mètres d'altitude. Il m'a accompagné au Népal, c'était la première fois pour lui. Voir le Népal avec ses yeux était comme faire un voyage dans le temps et réussir à voir les Alpes d'il y a 40 ans. Il retrouvait des choses de son enfance qu'il avait oubliées.

Vous êtes donc allé au Népal, non pas pour gravir une montagne mais pour en faire le tour. Vous avez imité en cela des pèlerins népalais pour qui ce voyage est sacré.

Pour les Népalais, les Tibétains et les bouddhistes, le pèlerinage consiste en effet à faire le tour d'une montagne, et non pas d'arriver au sommet. Pour moi, cela correspondait à une recherche d'harmonie. Je rêvais aussi de rencontrer les vrais montagnards. Malgré que j'habite en montagne, je sais que je suis seulement un citadin. Aujourd'hui on vit, on travaille, on voyage comme des citadins. Je voulais voir si, quelque part au monde, il y avait encore de vrais montagnards. Et je les ai trouvés au Népal.

"C'était la dernière possibilité de voir ce monde-là ..."

Vous avez trouvé des gens qui, apparemment, n'ont pas vraiment changé dans le temps. D'ailleurs vous jouez avec cette dimension temporelle. Lors de votre voyage, un livre vous accompagne: "The Snow leopard" de Peter Mathiessen, un écrivain américain qui avait fait le même voyage 40 ans plus tôt. Exactement l'âge que vous aviez lors de votre propre expédition au Népal!

Pour célébrer mon quarantième anniversaire, je voulais faire quelque chose de spécial. Rien n'a changé là-bas par rapport aux années 70 de Matthiessen. Mais maintenant, tout va changer très vite, parce que la Chine va arriver dans cette région frontalière du Népal. C'était un peu la dernière possibilité de voir ce monde-là ...

Des raisons personnelles vous ont donc poussé à faire ce voyage ...

Aussi pour partager quelques chose d'important avec mes amis. Avant, j'étais un voyageur solitaire. J'avais fait tous mes grands voyages tout seul - je connais bien la solitude. Mais j'étais un peu fatigué d'être seul. Je voulais commencer à partager quelque chose d'important comme un voyage. Pour moi, c'était surtout un voyage d'amitié.

Vous êtes parti dans un endroit qui, a priori, vous est assez hostile, puisque vous souffrez du mal de montagne ...

Oui, je commence à souffrir à partir de 3.000 mètres d'altitude. Je connais cela depuis mon enfance. Vers l'âge de 8-10 ans, je commençais à aller en montagne, dans les glaciers de la Vallée d'Aoste. J'avais tout de suite compris que je n'étais pas destiné à cet environnement, puisque je souffrais trop! Malgré cela, j'ai toujours senti l'appel de ce lieu, une chose très personnelle pour moi. Le corps qui dit non et la tête qui dit: courage, je peux y arriver ... Je ne sais pas pourquoi, mais c'est la chose la plus difficile que je puisse faire.

Dans "Sans jamais atteindre le sommet", vous écrivez que les obstacles que vous rencontrez sont en fait des épreuves.

Ces épreuves sont là pour tester ta sincérité, la pureté de ton envie. Il ne s'agit pas d'un désir de conquérir quoi que soit, mais de démontrer que t'as du cœur, une âme ...

Quand Peter Mathiessen et de nombreux hippies allaient dans l'Himalaya, il y avait dans leur périple une dimension spirituelle. Le voyage, tel que vous l'avez fait récemment, a-t-il encore la même signification qu'il y a 40 ans?

Mais oui. Moi-même je me sens un peu hippie. Pour moi, le voyage est toujours une recherche spirituelle, sinon je ne saurais pas pourquoi partir.

"J'espère qu'on ne perdra pas le vrai esprit du voyage"

Vous êtes critique à l'égard de la société dans laquelle vous vivez. Vous ne voyez certes pas de différence entre les Alpes et l'Himalaya, mais entre la montagne et la ville.

Oui, entre la montagne et une seule façon de vivre qu'on constate aujourd'hui. Je voyage beaucoup dans le monde pour mon travail. De plus en plus je me rends compte que tout est pareil. Je n'aime pas ça, me sentir dans le même lieu, que je sois à Paris, Milan, New York ou Tokyo. Je voudrais, lorsque je voyage, me sentir dans un lieu très différent, où je suis étranger, où il est difficile pour moi d'apprendre une langue ou une façon de vivre ... Tout cela devient de plus en plus rare. C'était le vrai esprit du voyage, j'espère qu'on ne le perdra pas ...

Vous-même, vous partagez votre temps entre la montagne et la ville.

Oui, parce que je n'ai pas réussi à devenir un vrai montagnard! Vivre toute l'année dans ma petite maison à 2.000 mètres d'altitude est trop difficile pour moi, surtout pendant l'hiver - alors je rentre en ville. Mais j'aime également la vie en ville, la rencontre avec les autres, la diversité, la capacité humaine à faire quelque chose de beau aussi là-bas ... Je n'aime pas que la nature. Donc je cherche un équilibre entre les deux mondes, ce qui n'est pas facile. Je suis constamment déchiré par ce conflit intérieur.

La montagne va-t-elle toujours vous accompagner dans votre travail d'écrivain? Ou comptez-vous changer complètement d'univers pour votre prochain livre?

Elle va m'accompagner encore un moment.

De Paolo Cognetti um Mikro vum Michel Delage

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